A Bozoum au nord de Centrafrique, des déplacés de conflits crient au secours
Un camp des déplacés en Centrafrique. Photo: Unicef

A Bozoum au nord de Centrafrique, des déplacés de conflits crient au secours

Les déplacés de Bozoum, chef-lieu de l’Ouham-Péndé au nord de la République centrafricaine, vivent dans une situation précaire. Ils ont fui les récentes violences commises par des hommes armés, parfois déguisés en éleveurs, dans la région.

Le nombre de déplacés augmente chaque jour à la suite des exactions de ces hommes armés autour de Bozoum et dans la préfecture de l’Ouham-Péndé. Sur l’axe Bocaranga par exemple, à 10 km du village Sambaïe, les agents de l’ONG Caritas de la paroisse de Bozoum ont enregistré 1 007 personnes déplacées, et près de 3 000 autres ont été accueillies sur le site de l’église catholique. À cela s’ajoutent ceux qui sont installés dans des écoles publiques. On compte désormais plus de 5 000 personnes qui ont quitté la périphérie pour trouver refuge à Bozoum-centre. Tous vivent dans une précarité sans précédent.

« Au niveau de l’église catholique, nous avons pu mobiliser quelques moyens financiers pour offrir à ces déplacés des vivres tels que du riz, des haricots, du café, du sucre et des savons. Nous estimons qu’environ 1000 personnes sont hébergées chez nous. D’autres bienfaiteurs ont également manifesté leur bonne volonté, car nous avons beaucoup de femmes enceintes et d’enfants en détresse », indique le Père Marco Podji, curé de la paroisse Saint-Michel de Bozoum.

Face à ces moyens limités, le prélat lance un SOS pour sauver des vies dans la région. « Nous invitons le gouvernement et les ONG à se dépêcher, dans la mesure du possible, d’apporter du secours à ces personnes en détresse, obligées de fuir leur maison et qui n’ont rien pu emporter, car ici, dans la ville, ils n’ont pas de champs. La situation est vraiment difficile », a-t-il plaidé.

La détérioration de la sécurité à la périphérie de Bozoum, dans l’Ouham-Péndé, a provoqué un déplacement massif de la population. Quatre personnes ont été tuées la semaine dernière et au moins 10 autres ont été prises en otage dans les communes de Birvan Bolé, sur l’axe Bozoum-Bouar, et de Danayérè, sur la route de Bozoum-Bocaranga. Les parents s’inquiètent pour leurs proches détenus par des hommes armés, présumés être des éléments des 3R toujours actifs dans la localité.

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